vendredi 17 février 2017

L'extraordinaire glacier Perito Moreno - Argentine - Patagonie2016#4

S'il y a bien quelque chose que je voulais absolument voir en allant en Patagonie, c'est un de ses fabuleux glacier. Ceux dont on rêve un jour de s'approcher, ceux qui vous font aimer la nature, ceux qui vous impressionnent et vous mettent des étoiles dans les yeux. Et bien, le glacier Perito Moreno fait partie de cette catégorie !


Nous quittons Ushuaïa sous la pluie et survolons le bas de l'Argentine pour remonter à 1000 km vers le nord, au pied de la petite cordillère qui termine la colonne vertébrale de l'Amérique du sud et sert de frontière naturelle entre l'Argentine et le Chili. Nous atterrissons à El Calafate en pleine steppe patagone, une zone sèche et balayée par les vents où rien ne pousse car les nuages restent accrochés aux montagnes. Et pourtant, El Calafate se situe au bord du lac Argentino, alimenté par la fonte des glaces, c'est donc que nous ne sommes pas très loin de ces fameux glaciers tant attendus !

Lac Argentino à El Calafate. De la steppe et de l'eau (et des poteaux électriques !)
Il faut presque 2h de route pour arriver à destination. Pas de chance, une fois arrivés dans la zone des montagnes, c'est la pluie qui nous accueille ! Quand je vous dis que les nuages sont accrochées aux sommets ! C'est donc sous la grisaille que nous découvrons un premier aperçu du glacier.


Ouais, donc là, on se dit, ça va être chaud pour voir quelque chose à cette distance avec le temps qu'il fait ! Il est cependant possible de s'approcher du front sud du glacier en bateau à l'occasion d'une croisière d'environ 1h. La météo a continué son caprice, nous avons donc passé 1h sous la pluie, en plein vent et par 3°C à admirer de près le Perito Moreno. Et croyez-moi, sur le moment, on s'est dit "c'est quand même génial de le voir de si près !!". 

Le glacier fait entre 40 et 70 m de haut, on ne l'approche pas à moins de 30 m et pourtant, on se sent si petit devant ce mur. Cette énorme masse d'eau cristallisée qui avance inexorablement en craquant comme le tonnerre, libérant par moment d'énormes morceaux de glace. Et ce blanc et ce bleu qui illuminent le paysage malgré le temps très couvert, absolument incroyable !



Impossible de se lasser de regarder ces formes qui se découpent sur le ciel, tout est différent, c'est... hypnotisant !




C'est frigorifiés, mais émerveillés que nous sommes rentrés au car avant d'aller déjeuner. Nous pensions avoir vu le plus beau, et pourtant nous n'étions pas aux bout de nos surprises !

Nous avons déjeuné dans un restaurant, sur le site, avec une vue panoramique sur le front nord du glacier. Le soleil a fini par pointer son nez, et là, nouvel émerveillement ! Les montagnes enneigées ont fait leur apparition, tels des gâteaux saupoudrés de sucre glace. Nous n'avions pas imaginé tel spectacle tant le ciel était bouché 1h avant !


Après le déjeuner, place à la promenade des passerelles, pour découvrir le front principal du glacier qui vient toucher la langue de terre face à lui. Nouveau spectacle saisissant, nouvel émerveillement ! Décidément, cette journée est allée au delà de mes espérances !



Les passerelles font littéralement face au glacier que l'on peut admirer dans sa totalité (ou presque, si le temps est dégagé). Il n'est pas le plus long de Patagonie, il ne fait "que" 10 km de long. Mais le voir s'étendre à perte de vue, c'est juste ouaouh ! Nous suivons donc le chemin sur les passerelles qui permet de s'approcher au plus près du front et de prendre la mesure de ce monument de glace qui se dresse devant nous.


Le Perito Moreno dans toute sa largeur. La promenade en bateau s'est faite sur le côté à gauche.
Le Perito Moreno fait 5 km de long à sa périphérie. C'est un des rares glaciers à ne pas diminuer, il oscille. Parfois il rejoint la langue de terre sur laquelle nous nous promenons et l'eau du lac creuse une arche dans le glacier. Suivant l'évolution du glacier, cette arche finit par s'écrouler. Elle s'est écroulée pour la dernière fois en mars 2016 et ne s'était pas encore reformée quand nous sommes passés en novembre dernier.

Encore une fois, nous sommes saisis par la couleur de la glace, de l'eau et par la beauté du paysage. La promenade doit pouvoir se faire en 1h (ça descend tout le long), mais on y serait bien restés toute la journée, voire plus. Je frissonne encore en entendant les craquements de la glace et le tonnerre des éboulements. 





Éboulis de glace dans l'eau.
Et comme si le tout n'était pas assez extraordinaire, devinez qui est venu nous rendre visite ? Des condors !! Ces vautours gigantesques et majestueux, symboles des Andes, volant à quelques mètres de nous, au dessus des icebergs... Juste magique...

Photo prise sans téléobjectif !! C'est dire s'ils étaient près !


El condor pasa...

Je me suis rendue compte en rentrant que j'avais carrément mitraillé cet exceptionnel glacier ! Mais franchement, quand je revois tout ça sur mon écran, je me dis que je ne m'en lasserai jamais et que ça valait vraiment le coup. Alors j'espère que cet article vous aura plu (il est un peu long oui), et que vous ne m'en voudrez pas de mon enthousiasme. Je vous dis à bientôt !!



samedi 28 janvier 2017

Ushuaia, le canal de Beagle Patagonie2016#3

Au lendemain de notre arrivée, j'ai tenté d'aller admirer le lever de soleil sur la baie d'Ushuaïa. Hélas, j'ai oublié de mettre le réveil et je me suis réveillée un petit quart d'heure trop tard. Cela ne m'a pas empêchée de sortir pour profiter du superbe paysage devant notre hôtel à 6h du matin (= minuit en France !). Un moment agréable dans la sérénité du petit matin.



Une belle journée nous attendait avec une croisière sur le canal de Beagle. Ce canal sépare l'île de Terre de Feu d'un chapelet d'îles rattachées au Chili depuis 1984. Cette croisière donne un aperçu des magnifiques paysages qui nous entoure et passe par l'archipel des Reaches, l'île aux oiseaux et l'île des otaries. 

Nous quittons Ushuaïa.






Il y a finalement peu à dire de cette promenade, juste l'immensité des paysages à admirer ce qui est un peu difficile à rendre en photo malheureusement. Même les photos panoramiques semblent trop petites pour capter ce spectacle à 360°. Le soleil est là, il ne fait pas chaud et il y a du vent (comme très souvent à Ushuaia), mais on ouvre grand les yeux et on profite.





Malheureusement, nous n'avons pas vu de pingouins... :-( Il était encore un peu tôt dans la saison pour bien les voir et de toutes façons, notre tour n'était pas assez long pour ça. La croisière s'est donc terminée par le tour du phare Les Éclaireurs, souvent confondu avec le phare du bout du monde. Enfin, il n'en est pas si loin... 



C'est ainsi que notre séjour en Terre de Feu s'est terminé, sous le soleil, après un passage par l'office du tourisme pour faire tamponner nos cartes postales du bout du monde. Dans le prochain article, nous remonterons 1000 km au nord, voir le merveilleux glacier Perito Moreno. À très vite !!

jeudi 12 janvier 2017

Ushuaia, Terre de feu, el fin del mundo Patagonie2016#2

Laissons Buenos Aires, ses immeubles et ses 25°C pour nous envoler à 3000 km de là, direction Ushuaia ! Je crois qu'il existe peu de villes qui illustrent autant dans nos esprits européens, cette notion de bout du monde. Plus au sud, c'est le mythique et capricieux Cap Horn, et encore plus au sud, l’Antarctique. Bref, une des dernières traces de civilisations avant le Pôle Sud. C'est d'ailleurs ce qui a rendu cette ville célèbre et c'est pourquoi, elle se targue d'être la ville la plus australe du monde.



Alors, Ushuaia, c'est où ?? Déjà, on ne dit pas "Ouchouaya" mais "Oussouaya", et donc cette petite ville rendue célèbre en France par une émission de TV des années 90 (mais oui, aussi par une marque de gel douche), se situe en Terre de feu, cette grande île que se partagent le Chili et l'Argentine, tout au bout de l'Amérique du Sud, encore en dessous du détroit de Magellan.

Buenos Aire -Ushuaia à vol d'oiseau.

La Terre de Feu et les canaux de Patagonie.
Pour le petit cours de géographie, le détroit de Magellan appartient en totalité au Chili. vous noterez au passage que ce fameux détroit est loin d'être facilement navigable. Si à l'Est il est bien large, l'enchevêtrement des canaux de Patagonie rendent la sortie compliquée à l'Ouest, fallait en sortir au XVIème siècle, sans carte... Bon, donc le détroit est chilien, mais la frontière avec l'Argentine part de l'embouchure du détroit pour descendre au sud, coupant ainsi le Terre de Feu en 2, jusqu'au canal de Beagle qui sert de frontière naturelle entre les 2 pays. Ushuaia se situe en bordure du canal de Beagle, dans une jolie petite baie. Pour être honnête - mes lecteurs argentins m'excuseront - Ushuaia n'est pas tout à fait la ville la plus australe du monde puisque la base militaire chilienne de Puerto Williams et son village se situent légèrement plus au sud. Mais je n'y suis pas allée, alors pour moi, Ushuaia et le canal de Beagle seront mon record de latitude dans l'hémisphère sud. Mon bout du monde à moi.



Et à Ushuaia, qu'est-ce qu'on voit ? Notre premier contact avec la Terre de Feu a été neigeux, pluvieux et frisquet, puisqu'il neigeait quand nous avons atterri. Le choc après avoir eu bien chaud à Buenos Aires ! Mais quel plaisir de découvrir la mer et les montagnes côte à côte. C'est quand même vachement mieux que la ville ! Nous sommes directement partis à la découverte du Parc National de Terre de Feu.


La météo n'était pas trop avec nous... D'où des photos dans la grisaille, mais bon, côté "ambiance hostile de bout du monde", ça collait pas mal finalement !


Nous sommes allés au bout de la route n°3, qui démarre à Buenos Aires et se termine ici, à 3079 km de son point de départ...

Au bout de la route, c'est la mer...

En chemin, nous avons croisé un petit habitant local, un carancho, qui traversait tranquillou la route (no stress).


Ce fut également l'occasion de découvrir également l'arbre de feu...
Joli nom, n'est-ce pas ?
De retour en ville, le temps s'étant un peu levé, c'est l'occasion de profiter des superbes panoramas sur les montagnes et le canal de Beagle.

Je ne connais pas la Norvège, mais c'est assez l'image que je m'en fais...


L'église d'Ushuaia et sa baie.
Mont Olivia.


Comme de nombreux coins reculés, la vie "européenne" en Terre de Feu a commencé par un pénitencier et la ville a été construite par les bagnards. C'est pourquoi, les fresques murales de la ville y font souvent allusion...



Il existait cependant des tribues locales avant l'arrivée des européens. C'est la fumée de leurs foyers qui a inspiré le nom de Terre de Feu.

Je vais en terminer là pour cette première partie consacrée à Ushuaia. Dans mon prochain article, nous partirons en (mini) croisière sur le canal de Beagle. A très bientôt !